mercredi 6 mars 2013

Le Système

L'industrie du divertissement en Corée du Sud est quelque chose de très gros. Le gouvernement y a investi des millions (milliards) pour que sa pop-culture joue un petit rôle sur la scène mondiale, ce qui l'a transformé au cours des 15 dernières années, en une machine bien huilée.
La partie "musique" est dominée par quelques grandes sociétés qui monopolisent/manipulent l'attention des gens et des médias. Les artistes sont sélectionnés de plus en plus jeune et lancés de plus en plus tôt, pour devenir des idoles (Personne qui est l'objet d'une tendresse ou d'une admiration passionnée de la part de quelqu'un, et, en particulier, vedette de la chanson ou du music-hall adulée par le public), qui deviennent alors une parfaite source renouvelable de revenue.

Même si un certain nombre de petites entreprises ont trouvé le succès récemment, on continue de se référer aux 3 qui ont commencé le phénomène, THE BIG THREE :


SM Entertainment : par Lee Soo-Man en 1995,  SME est le leader de la vague coréenne actuelle, la Hallyu Wave.
YG Entertainment : par Yang Hyun-Suk en 1996.
JYP Entertainment : par Park Jin-Young en 1996.


Comment créer une idole :
  • Recherche de talent (auditions, ou directement dans la rue) : niveau national et international.
  • Trouver des enfants/ados (des jeunes quoi) beaux ou avec une bonne voix ou sachant bien danser puis les engager en tant que "trainee", des sortes de stagiaires.
  • Les entraîner : Chant, Danse, Comédie, entrainement pour les interviews.
  • Leur apprendre des langues : anglais, japonais, mandarin...
  • Former des groupes : leur identité, l'image, le nom de scène.
  • Faire des contrats de longue durée, un lieu de vie commun, la distribution des salaires.
  • L'enregistrement, le clip vidéo et les photoshoots.
  • Le manager leur achète (je pense que c'est le meilleur mot) une place dans les shows
  • Les performances : télé, radio, émissions de variétés, les festivals en tous genres (connus ou non), pubs et tout ce qui susceptible de rapporter de l'argent.

Pour le talent :
Aux Etats-Unis, la quantité de potentiel talent est grande étant donné que le pays est grand. Malheureusement, beaucoup de personnes talentueuses ne sont connues que de la famille, les amis, ou leur école. Le pays est tellement grand qu'il faut un talent vraiment exceptionnel (ou coucher) pour se faire remarquer. Mais la Corée du Sud est relativement petite. Cela signifie que l'industrie du divertissement est en mesure de rationaliser, de s'organiser, et de puiser les talents disponibles dans tout le pays. Alors que les entreprises recherchent souvent des enfants attractifs (pédobear spotted), ou même des enfants potentiellement attractifs (post-chirurgie), ils recherchent aussi des excellents chanteurs et danseurs. Ce n'est pas juste qu'une histoire de jolis visages. Il y a de réels talents en kpop, peut être pas des Mariah Carey ou Céline Dion, mais ils se démerdent quand même, et c'est largement suffisant pour la musique qu'ils interprètent, ils sont même souvent bridés (attention, j'vous vois venir, je parle du talent).
Sachez aussi que vos idoles sont rarement de vrais chanteurs, ce n'est même parfois absolument pas leur rêve, en général, leur vie dans le groupe n'est qu'une passerelle pour atteindre un but plus grand, correspondant à une activité solo, beaucoup espèrent devenir acteur, leur vie d'idole n'est qu'un moyen pour accéder à la célébrité et ainsi s'ouvrir des portes à de multiples activités.


Pour les sociétés :
Les Sociétés du divertissement ne fonctionnent pas toutes de la même manière. Certaines entreprises sont structurées de manière à maintenir le système et a conserver un flot de revenu constant, alors que d'autres semblent plus se concentrer sur la création et encourage le développement des artistes. Les idoles de certaines sociétés ont plus de libertés que d'autres, aussi bien professionnellement que dans la vie privée, certains ont même la chance d'écrire et de performer leurs propres chansons. YG Entertainment est un bon exemple d'une société qui semble encourager une approche plus artistique de leurs idoles, certains autres groupes comme CN Blue ou Block B créent leur album complet. Il n'est également pas rare que les artistes quittent leur entreprise, que ce soit en raison d'un conflit ou de la fin du contrat, et signent avec une nouvelle entreprise ou décident de travailler en dehors du système traditionnel (TVXQ, Jay Park). Ce genre de transition peut apporter le succès ou terminer rapidement une carrière. Les membres des groupes ne sont finalement que des pions interchangeables et dénués d'opinions, même leurs fan ne sont plus une protection.

CCM n'est qu'un exemple et surement pas le pire (*tousse*SME*tousse*)



Le coté obscur :
L'industrie du divertissement peut être impitoyable et la Corée du Sud ne fait pas exception. Bien sûr certaines idoles sont idolâtrés pour leur image de perfection, en conséquence, les trainees en bas de la hiérarchie feront tout ce qui est possible pour atteindre ce sommet. Maquillage lourd (voir chirurgie plastique), régimes extrême, exercice constant, sacrifice de la vie privée, manque de repos sont toutes les facettes communes d'une vie d'idole. Ces jeunes offrent souvent leurs corps et leurs âmes (je n'en parlerais pas beaucoup plus ici, mais certains journalistes parlent de 80% des célébrités (idoles (filles comme garçon) ou acteurs) qui auraient "vendu" leur corps pour réussir) au bon vouloir de leur label et des sponsors. Dans certains cas, les demandes sont brutales et sombres, et seul un petit pourcentage de trainees voient leurs rêves se réaliser et devenir une idole (ce qui entraîne la jalousie et la haine forcement, en Corée les idoles n'ont pas forcement une super réputation et n'ont pas le droit à l'erreur). On peut comparer ça à une sorte d'esclavage. Dans une culture où le suicide est trop souvent choisi comme la seule porte de sortie, les effets de tout ce stress sur les célébrités comme les idoles peuvent être dévastateurs. Techniquement, les idoles ne sont rien, et ne sont pas souvent considéré comme des artistes.
Alors que les normes et les attentes sont plus élevées que jamais, le système serait en train de changer. Certaines idoles, des artistes dans l'industrie du divertissement au sens large, et les dénonciateurs ont porté ces part d'ombres à la lumière dans l'espoir d'améliorer leurs conditions, et celle des générations à venir.

Pour le coup, j'vous conseil vraiment absolument de voir un reportage de la BBC World sur NineMuses, tiré d'un "film/reportage" qui sortira un jour "9 Muses of Star Empire" dans lequel on apprend énormément de chose sur la kpop et surtout son fonctionnement. La vie d'idole n'a vraiment rien d'enviable à mes yeux dans 99% des cas.




À tout cela, on peut ajouter une certaine compétitivité, encouragée par les émissions de télés type Hit Machine de M6 à l'époque, avec un classement (fait sur les ventes mais aussi des votes et autres absurdités) et un trophée au vainqueur (qui au final n'a aucun réel sens, juste de montrer une sorte de popularité). Les fans donnent une certaine importance à ces trophées, donc les labels aussi (qui peuvent essayer d'influencer d'une quelconque manière le résultat) et donc les potentiels sponsors aussi (ce groupe là gagne, donc il est populaire, donc il va me faire vendre)... Au final, on récolte un système de comparaison et de compétition, super excitant pour des fans (qui achètent en masse) pour faire gagner leurs groupes favoris mais amenant souvent à des fanwars complètement capillotracté.


Enfin, je vous conseil vraiment de regarder cette vidéo de JYP qui explique tranquillement sans langue de bois comment fonctionne la kpop, c'est de janvier 2009 et ce mec est un génie.




Menu -

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire